Il était une fois Marigné-Laillé

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Il était une fois Marigné-Laillé

Villages, Communes, que sont les villages et ceux-ci ont-ils encore droit à une existence particulière ?

Loi du 14 décembre 1789 : Ville – Bourg – paroisse ou communauté de campagne sont constitués en communes, celles qui existent encore aujourd’hui. En 1933 le hameau de Laillé fut associé à la commune de Marigné.

Le village chanté par Charles Trenet ” Un petit village, un vieux clocher, un paysage si bien caché et dans un nuage le cher visage de (mon) nos passés.” Approche poétique et réaliste, un village c’est aussi un groupe d’habitations assez important pour avoir une vie propre, avec des relations sociales et économiques étroites entre ses habitants. Hormis l’absence de clocher pour Laillé ces deux approches d’une définition du village sont intéressantes.

L’histoire, le lien avec les espaces, bois, forêts, prairies, travaux et productions paysannes, artisanales, échanges locaux entre les différents acteurs, toi le maraîcher, moi la boulange. Les trocs sur des bases de réciprocités établis, tenant compte des difficultés de chacun(e)s pour vivre au mieux ou au moins mal quotidiennement, entretenaient, naturellement ou par obligations, des liens vivants qui unifiaient les existences.

La communauté villageoise homogène par nécessité, fêtes communes, deuils, mariages, naissances se confortait dans ce territoire collectif. Les distances à parcourir séparant les foyers, les commerces, étaient suffisamment courtes pour favoriser les relations, sans utiliser des moyens de déplacements sophistiqués. Une simplicité d’existence dans le temps et le lieu mais pas forcément une vie simple.

Un village de l’après-guerre, ce sont des couleurs, des matériaux, chaque commerce se distinguant par sa destination, sa personnalité.  Le Lion d’Or (Madame Niqueux), le Gagne-Petit (Madame Chauveau) ou l’Hotel-restaurant de Paris (Mr et Mme Lhoste). Les sons apportaient aux métiers exercés et au passant en vadrouille, leurs résonnances, le maréchal-ferrant (Adrien Freulon) la découpe du fer (Monsieur Coiffé/ferronnier), ou encore les fortes odeurs sucrées et pourrissantes des tombereaux de pommes livrés en début d’automne à la cidrerie de la Delinière (Monsieur Grassin). Commerces, paysannerie, artisanats formaient l’ossature de la vie locale. Activités liés aux saisons, commerces achalandés, au sens du mot, c’est-à-dire attirant les chalands.

Marigné et Laillé de l’après-guerre pouvaient presque vivre en autarcie, en se suffisant à elles-mêmes pour les productions vivrières (Monsieur Laudon, Monsieur Morançais pour le maraîchage), agricoles, plus de 45 exploitations, et la consommation des biens de tous les jours : le bouton de chemise, la casserole en cuivre s’achetaient chez Monsieur Haize, si toutefois de trop fortes ripailles dominicales entraînaient des problèmes de santé chez le dévoyé, Madame Haize infirmière jouait de la seringue, et des remontrances. L’énergie électrique était disponible, l’eau du robinet arriva dans les derniers confins avant 1954, gas-oil et essence se distribuaient par trois stations-services, une à Marigné (Arthur et Marc Freulon), deux à Laillé – puisque situées sur l’axe Le-Mans/Tours. Tous les services se trouvaient de proximité, les congés fiscaux pour transports d’alcools et de viandes (Madame Bijault) la tuerie du porc par le charcutier (Monsieur Guimier) dans le petit abattoir au bord de l’Aune. Et pour acheter une peugeot 403 André Niqueux se faisait fort de la procurer dans la teinte de votre choix sans que l’automobiliste impatient ne se déplace vers la grande ville. Ainsi allait votre commune dans les années cinquante.
A suivre…